L’avis personnel d’Arnaud Dumouch, théologie pastorale, 2016

Des catholiques se plaignent du flou de cette lettre apostolique pastorale. Voici quelques repères :

1° Le droit canonique et la discipline des sacrements ne sont pas changés et restent celles que développe saint Jean-Paul II dans Familiaris Consortio 83 : « L'Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l'Écriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés », même lorsqu’ils ont été victimes de la trahison de l’autre. La raison en est la nature du sacrement qui témoigne de la fidélité de Dieu à notre égard « pour le meilleur et pour le pire ».

2° Mais c’est volontairement que le pape reste flou dans ses directives pratiques. En effet, il se fait « Maître » en pastorale, c’est-à-dire en accompagnement des personnes sur le chemin de la perfection. Or la multiplicité des cas ne saurait être réglée par des fiches casuistiques. Les pasteurs doivent apprendre à juger du cas de chaque personne en fonction de deux critères : 1° A la lumière de la doctrine universelle du salut qui reste inchangée et que les papes, ses prédécesseurs, ont bien définie. 2° Face à la personne en tenant compte de tout ce qu’elle est, y compris de sa subjectivité qui parfois est mal éclairée.

Un exemple concret auquel fut confronté un prêtre : le cas d’une jeune maman, abandonnée par son mari, et qui se remaria civilement pour ses enfants et ne voulut pas imposer à son nouveau mari de vivre comme frère et sœur.